L’abondance agricole au Burundi : un challenge pour les producteurs

 

La plupart de cultures pratiquées au Burundi sont saisonnières. Pendant les récoltes, souvent c’est le consommateur qui se réjouit le plus, du fait de la baisse du prix. Le bonheur du consommateur est souvent fait du malheur des producteurs. Pendant les saisons de récoltes, c’est apparemment le moment où les prix chutent graduellement sans que les producteurs trouvent une autre issue. Les producteurs qui bénéficient au mieux de leurs produits agricoles sont ceux qui peuvent patienter, garder leur récoltes, au cas où elles se conservent bien, pour pouvoir vendre après la saison de récolte. Dans le cas contraire, c’est toujours le marché qui fixera son prix. Avec une offre abondante, le prix est souvent dangereusement défavorable aux producteurs.

 

Pour la production des fruits, des légumes et d’autres denrées facilement périssables, une bonne récolte entrainent parfois une catastrophe du côté des producteurs. Les mangues, ananas, tomates ou patates douces,  laissent de possibilité très limitée aux producteurs burundais, du fait de manque des moyens de conservation. Au Burundi, la conservation des produits agricoles reste à désirer car les industries agroalimentaires sont presqu’inexistantes. D’une part, les moyens financiers manquent aux agriculteurs et de l’autre part, l’énergie électrique est faible et incertaine. Les usines de transformation des fruits sont peu nombreuses, situation qui handicape les producteurs. Une forte production les oblige de temps en temps à jeter certains de leurs produits qui pourrissent faute d’acheteurs.

 

Cette situation est un grand désavantage pour des petits producteurs qui espèrent vivre de leurs produits. Après récolte, ils n’ont pas d’autres alternatives que vendre directement aux consommateurs finaux sur le marché. Ceci explique le fait qu’au cas où la production est très importante, ces agriculteurs perdent énormément. Le réseau routier n’étant pas aussi bon de leur côté, plusieurs régions du pays connaissent la pénurie de certains produits, pendant que d’autres connaissent le surplus. En plus de cela, la conservation et la transformation des produits agricoles étant impossible pour plusieurs, le secteur agricole éprouve visiblement un besoin urgent pour lequel l’Etat doit voler au secours.

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