Le parcours d’un jeune dans la riziculture au Burundi

 

Christophe est un jeune âgé de 28 ans, vivant à Bujumbura au Burundi. Ce jeune homme, comme tous les autres jeunes du Quartier Nord de Bujumbura, se débrouille tant bien que mal pour nourrir sa famille. A la recherche des activités pouvant assurer son autosuffisance financière, Christophe s’était lancé dans la riziculture durant deux ans. Ses activités agricoles, bien qu’elles n’aient pas pu continuer, dénotent l’état déplorable de ce secteur qui devait être, par contre, le pilier de la société. Depuis l’an 2007 à 2008 ce jeune homme, nouvellement marié, a pratiqué la riziculture dans la province de Bubanza, commune de Muzinda, au nord de Bujumbura.

Vivant lui-même loin de cette commune, il devait chercher une autre personne qui serait en charge de la surveillance des activités sur terrain. En plus de cela, il devait aussi s’y rendre de temps en temps pour voir l’évolution de son champ. Pour cette culture qui prend plus ou moins quatre mois, Christophe a pu dépenser pour la location du terrain, l’irrigation de son champ, les salaires des ceux qui l’ont aidé au sarclage mais aussi pour la personne en charge de la surveillance, car les cas de vol dans les champs se font souvent dans cette commune.

Après les quatre mois qu’avait prit le champ pour donner la récolte, Christophe récolta et vendit son riz au marché. Ce fut difficilement que ce jeune a pu récupérer son capital investi dans cette activité sans vraiment être satisfait du résultat de son travail. Pour la plupart de ceux qui vivent en dehors de cette province, où la riziculture occupe une majeure partie de la population, le coût de production semble plus élevé que la récolte qu’ils en tirent. Nombreux doivent louer le terrain, acheter des engrais chimiques, payer la société en charge de l’eau pour l’irrigation des champs…, sans oublier aussi leur transport pour des visites sur terrain.

Bien que le riz soit parmi les aliments de base au Burundi, ceux qui pratiquent la riziculture ne sont tout de même pas bien rémunérés par cette activité. Certains paysans, ayant des terres, faute de capitaux, doivent louer leurs terres aux autres. D’autres par contre, doivent emprunter de l’argent aux commerçants et leur rembourser en nature, après la récolte. En plus, pendant la récolte le prix baisse et seuls les agriculteurs qui peuvent garder leur stock du riz, peuvent les écouler à un bon prix, après cette période.

C’est encore difficile aujourd’hui de trouver des gens qui émergent économiquement, au Burundi, grâce à l’agriculture. Les paysans ayant de terrains manquent souvent des capitaux et louent parfois leurs terrains. Ceux qui parviennent à cultiver, à la récolte ils ne peuvent pas s’empêcher de garder leur récolte jusqu’au moment où le prix du marché soit favorable. Bien que cette activité soit incertaine pour des retombées financières, elle permet tout de même l’autosuffisance alimentaire de plusieurs ménages, à Bujumbura et dans d’autres provinces du pays.

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3 Commentaires

  1. Je trouve ce billet excellent. Il aborde un problème commun à beaucoup de jeunes sur notre continent. Cependant, à ceux qui voudraient s’engager dans l’agriculture, je voudrais vous dire que comme dans toute activité, les débuts sont difficiles, mais après les premières années, elle peut donner beaucoup de satisfaction. En tout cas, elle est une des meilleurs alternatives au chômage, à l’émigration et au travail de bureau. Il ne faut donc pas se décourager, mais savoir tirer les leçons des difficultés vécues.

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